Chili, 1973 : Répression, Exil et Mémoire — Groupe de Bordeaux

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Bienvenue sur le site du groupe de Bordeaux

Chili, 1973 : Répression, Exil et Mémoire

Organisé par le Mouvement Poursuivre, lieu de recherche et de réflexion, pour les personnes en quête de sens et en éveil intellectuel.
En partenariat avec l’Association des ex-prisonniers politiques chiliens de Bordeaux.
La conférence organisée à Bordeaux le 10 janvier 2026 propose d’explorer cette histoire, à travers des témoignages forts et parfois déchirants, appuyé par le film de Lissette Orozco, « Le Pacte d’Adriana » (El Pacto de Adriana) ; ce film porte sur la découverte, par Lissette Orozco, des crimes commis, sous la dictature, par sa tante devenue tortionnaire. L’objectif est de comprendre ce que fut la violence d’État, mais aussi ce que furent et sont aujourd’hui les chemins de résistance, de survie, d’exil et de transmission entre générations.
  • Quand

    le 10/01/2026 de 16h30 à 19h30

  • Salle des Étoiles – Marché des Douves 4 rue des Douves, 33800 Bordeaux Tram B-arrêt Victoire / Bus 1,11 ou 20 / Parking des Capucins

  • Participants

    Participation et entrée libres dans la limite des places disponibles
    Accès PMR

  • Ajouter l'événement au calendrier

    vCal
    iCal

Le 11 septembre 1973, le Chili est brutalement plongé dans une dictature militaire à la suite du coup d’État orchestré par le général Augusto Pinochet. Ce renversement marque la fin du gouvernement démocratique de Salvador Allende et ouvre une période faite d’arrestations, de disparitions, de torture, de censure et d’un contrôle militaire omniprésent.
Cinquante-deux ans plus tard, la mémoire de cette répression continue de structurer la société chilienne. Elle résonne également en France, où de nombreux exilés politiques ont trouvé refuge à partir de 1973, apportant leurs récits et leur exigence de justice.

Enzo Villanueva : de la prison à l’exil

Le premier intervenant, Enzo Villanueva, ancien prisonnier politique du régime militaire chilien, arrêté après le coup d’État, a connu la détention, les interrogatoires, la torture… Sa peine de prison fut commuée en peine d’exil, comme ce fut le cas pour de nombreux opposants que le régime voulait éloigner du territoire.
En 1975, il arrive à Gradignan en portant la mémoire d’un pays meurtri.
Depuis son arrivée, Enzo Villanueva n’a jamais cessé de témoigner, de transmettre l’histoire de ceux qui ne sont plus là pour parler. À travers son parcours, c’est toute une génération d’exilés qui se raconte: celle des hommes et des femmes contraints de quitter leur pays pour survivre, mais déterminés à ne pas laisser le silence effacer les violences de la dictature.

Veronica Estay Stange : une mémoire déchirée, entre survie et héritage familial

La seconde intervenante, Veronica Estay Stange, universitaire et enseignante à l’Université Paris Cité, apportera une perspective différente mais tout aussi essentielle : celle de la post-mémoire, de l’héritage familial et du poids des traumatismes transmis entre générations.
Fille de survivants de la dictature, elle est aussi la nièce d’un criminel contre l’humanité, ce qui fait de son histoire personnelle un lieu de tensions, de contradictions et de questionnements identitaires profonds.
Comment vit-on avec un tel héritage ? Comment se construit-on entre des récits de résistance et un lien familial avec un tortionnaire? Comment faire vivre silence et parole dans la transmission générationnelle de la mémoire, au Chili et au-delà ?

Dans deux ouvrages Survivre à la survie. Chili, une mémoire déchirée (Calmann-Lévy, 2023) et La Postmémoire à l’œuvre. Art et traumatisme politique à travers les générations (Hermann, 2025), Veronica Estay Stange analyse avec lucidité et sensibilité les mécanismes de la transmission traumatique, les silences, les non-dits et les fractures qui persistent, un demi-siècle après la fin officielle de la dictature. Son intervention offrira un regard essentiel pour comprendre que la répression chilienne ne se résume pas à des chiffres ou à des faits historiques, mais qu’elle continue d’habiter les corps et les récits des survivants et de leurs descendants.

Un moment d’échange et de mémoire vivante

La conférence du 10 janvier 2026 a pour ambition de faire dialoguer ces deux voix complémentaires :

celle de l’exil vécu dans la violence et la rupture;

et celle de la mémoire transmise, complexe, parfois contradictoire, qui interroge : comment continuer à vivre avec ce qui fut, et avec ce qui ne s’est pas encore entièrement dit ?

Cet événement s’adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent :

entendre des témoignages vécus et transmis par le silence ;

réfléchir aux enjeux contemporains de mémoire et de justice ;

situer l’histoire chilienne dans une réflexion plus large sur les droits humains, l’exil et la résilience.